Journal de père – La toto rouroule ?

Je me souviens une histoire que me racontait ma mère :

« Quand tu étais petit, ta grand-mère te disait : « la toto rouroule »

« Je ne m’en souviens pas »

« Tu devais avoir 3 ans, et tu sais ce que tu as fait ? »

« Non ? »

« Tu l’as regardé et tu as dit : On dit « la voiture’ roule ».

Je pense que je me souviendrais toujours de cette histoire car je me suis alors juré, bien qu’encore assez jeune, de ne jamais répéter cette honteuse phrase à mes enfants (et accessoirement de ne pas devenir sénile)

Cependant, cette phrase, je l’ai presque prononcé recemment.

Ma fille a maintenant 19 mois et son vocabulaire est maintenant assez important. Elle compte un peu, elle connait toutes les parties de son corps (mieux que ma femme qui a étudié le francais deux ans à l’université), tout ce qui touche à la nourriture (Japon oblige), et bien sur, une pléthore d’animaux.

C’est avec ce dernier sujet que j’ai fauté.

Moi, montrant une baleine à ma fille :

« Umm, je pense pas que tu connaisses ce mot et de toutes les facons il est peut etre un peu compliqué pour toi, alors on va dire : ‘Le poisson’.

Pause de ma fille, intriguée, et quelques secondes plus tard :

*chau* (non en Osaka-ben), ba-lei-ne.

Merci pour ce rappel ma fille.

***

Vidéo bonus, petit mélange japonais-français.

Il faut juste oser pousser la porte.

Entre les gratte-ciel d’Osaka, les petites rues, ou se cachent de minuscules mais excellents restaurants/bars.

De l’extérieur, les éclats de rire se mélangent aux chansons fredonnées sur de vieux karaokés, le tout étouffé par les portes et murs sans fenêtres. Les bières s’entrechoquent, il faut juste oser pousser la porte.

Rue d'Osaka, Japon

Les petites rues d’Osaka

rue d'osaka, Japon

Les petites rues d’Osaka

Journal de père – l’équilibre du langage.

La petite a donc maintenant 17 mois et au niveau de la compréhension, je suis admiratif (oui, le vrai mot c’est « gaga »). Il y a quelques mois, elle ne comprenait que quelques phrases, voir quelques mots, et encore je pense que c’était surtout lié à la mélodie du langage et à la répétition de certains sons. Quand on dit tous les jours à 18h pétante « on va à la douche ? » , je pense que même le chat comprend.

Il s’est passé quelque chose dans son petit cerveau il y a quelques jours car :

  • Elle comprend des phrases « hors contexte » – si nous sommes au supermarché et que je lui demande si elle veut prendre une douche, elle me dit « non ».
  • Elle comprend des mots que je n’avais jamais prononcé (directement) avant.
  • Elle associe plusieurs mots pour faire passer une idée – « crayon » + « livre » + « table », faut pas être Einstein pour comprendre qu’elle veut ses crayons pour dessiner.

Ce qui m’étonne encore plus (oui, ca veut dire encore plus « gaga »), c’est que ma femme a la possibilité de faire la même chose mais en japonais. La petite réagira de la même manière.

Toutes les questions (de la vie courante bien sur) y passent et à ma plus grand surprise, tout semble compris dans les deux langues.

Il y a quand même une légère différence entre les informations qui rentrent et celles qui sortent. Si ma fille semble comprendre le japonais de ma femme et mon français, elle se trompe encore un peu quand à la langue à utiliser avec tel ou tel parent. l’input est bon, l’output un peu moins.

Si le présentateur répète encore une fois Oishiiii je …

Je pense que cette différence vient du fait que nous résidons au Japon, et que par conséquent, le Japonais est partout, et surtout, à la TV.

Alors que nous sommes seul à midi, ma fille et moi, et que nous « parlons » en français, elle me dit souvent, « oishiiii » (« c’est bon » en japonais). Il m’est quasi impossible de lui faire dire « c’est bon ». C’est à cause d’une chose toute bête, H24 passent à la TV des émissions ou les gens ne font que goûter tout se qui se présente à eux en ressassant ce fameux « oishiiiii ».

Le problème pour nous parents, et surtout pour moi, français au japon, est alors de tenter de maintenir un même niveau de vocabulaire dans les 2 langues.

Je garde la petite le matin quand ma femme travaille et l’après midi, nous inversons les rôles. Nous n’avons pas le temps de nous concerter à midi pour savoir ce que la petite à appris récemment.

Quand nous nous apercevons qu’un mot manque dans un des deux langages, nous tentons tout simplement d’y remédier.

Si je reprends l’exemple précédent, après m’en être aperçu, j’ai beaucoup répété « c’est bon » à ma fille afin qu’elle s’en imprègne. J’aimerais vous dire qu’elle utilise maintenant « c’est bon » autant qu’ « oishiiii » mais ce serait faux. L’important n’est pas tant de lui maintenant coûte que coûte son niveau de français, mais qu’elle sache que ce mot existe et qu’elle peut l’utiliser avec son père.

Enfin bref, ya du boulot !