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Elever un enfant au Japon : 2 première années

(C’est un peu long, pour moi, je corrigerai les fautes fôtes plus tard, promis !)

Bon anniversaire ma fille !13days

Elle passe donc le cap des deux ans, et voilà que mon bébé … n’est plus un bébé. C’est l’occasion de faire un petit post/bilan, retour d’expérience pour peut-être aider/informer ceux qui veulent se lancer dans l’élevage de ces petites bêtes et ceux qui se demandent comment c’est d’être père, d’être père non Japonais au Japon !

Je ne vais très certainement pas tout aborder dans ce post, si vous avez quelques questions, posez les en commentaires, je tenterai d’y répondre plus tard. N’étant pas un blogueur professionnel, je risque aussi de partir dans tous les sens, je tenterai de garder le cap dans mon expérience.


Moi qui n’ai pas réussi à faire survivre deux poissons rouges plus de deux jours, mon bébé a maintenant 2 ans. C’était une de mes grandes peurs avant d’avoir un bébé, et le sujet d’intenses conversations avec ma femme :

Mais comment tu sais si il a mal ? Tu parles le bébé toi ?

Plantons un peu le décor, je suis français, ma femme est japonaise, nous avons 64 ans à nous deux, et nous vivons à Osaka. Nous travaillons à mi-temps jusqu’à ce que la petite atteigne ses 3 ans et aille à l’école. Japon oblige, même à mi-temps, ma femme cumule les heures comme si elle travaillait à temps plein (Je vous rassure, son salaire lui est bien à mi temps …). De mon côté, en bon français, j’ai pas mal de temps libre, et c’est tant mieux, car du coup, après la 1ere année de congé maternel, et bien la housewife le househusband, le « shufu », c’était moi (du moins les matins et début d’après midis, le temps que ma femme revienne à la maison, et que ce soit alors à mon tour d’aller travailler).

Au travail, certaines questions me sont souvent posées :

Mais c’est quoi votre travail en vrai ?

Outre le fait que cette question soit agaçante au possible (tu penses que c’est un passe-temps pour moi de venir dans cette école de langues pour te parler ? Espèce de ….), elle est indubitablement suivie d’un étonnement que j’exècre quand je dis que je suis père au foyer :

EeeeeEEEeeeee ?!

Parce qu’au Japon, plus qu’ailleurs, les mecs ne sont pas censé être des pères au foyer. Un mec, il ramène l’argent, il bosse, beaucoup d’heures, sinon c’est un bon à rien, et il donne la quasi totalité de son salaire à ma femme.

Vous ne m’en voudrez pas d’avoir fait l’impasse sur ce rêve à la japonaise … (ça y est, je vais me mettre à critiquer, ça me gratte).

Il existe d’ailleurs un proverbe que tout le monde connaît Japonais à ce propos : « teishu genki de rusu ga ii » = un bon mari est en pleine forme et absent (donc qui bosse).

Les 3 premiers mois ont très certainement été les plus durs pour moi. Le bébé ne fait que pleurer lorsqu’il ne boit pas au sein. Ce qui veut dire que quand j’essayais de la porter, elle pleurait systématiquement. Ça fout un coup au moral et les questions existentielles fusent intérieurement : est ce qu’elle m’aime ? Ai-je fais quelque chose de mal ? (c’est con un nouveau père).

Cette phase disparaît après le 3e mois (pour nous), moment ou le bébé commence à s’intéresser un peu à ce qui se passe autour de lui. Elle ne saura sûrement jamais qu’à ses deux mois, pour que ma femme puisse dormir, certaines nuits, je la portais et tournais autour du bar américain de notre cuisine. Un bébé c’est léger … mais quand tu fais 300 fois le tour du bar et qu’il est 2/3h du mat’ …

Au fait, si madame est enceinte, vous avez quelques « infos » ici => guide

96days

  • L’éducation :

La difficulté dans notre couple a été de trouver le bon équilibre entre l’éducation française et japonaise. Nous en avons discuté maintes fois, « je veux ci, je veux ça, je ne veux pas de ça », etc, et finalement, presque rien n’a été respecté, tout s’est fait très naturellement, au petit désarroi de ma femme.

Pourquoi désarroi ? Car ma femme est japonaise et fille unique (double tare). Avec un père qui bossait 14h par jour et passait le reste du temps avec ses amis/collègues, sa vision du père était plutôt erronée (d’après mon point de vue français). J’ai même une anecdote au sujet du beau papa (qui est bien sûr un mec super hein, c’est juste une anecdote de quand il était jeune et con).

Un jour, ma fille a sali sa couche alors que mes beaux-parents étaient présent. Mon beau-père, « n’écoutant que son courage » et malgré une odeur ne laissant que peu de doute quant à l’origine du paquet suspect, décida qu’il voulait changer ma fille. Après ce changement de couche (un peu hasardeux), ma belle mère se mit à rire et nous dit :

« c’est la première fois de ma vie que je le vois changer une couche »

Comme je le disais un peu plus haut, le père est très souvent absent du foyer. Hier par exemple, je discutais avec un père qui avait travaillé de 8h à 20h, il était ensuite venu à l’école de langue ou je bosse pour discuter une heure, pour ensuite … retourner dans son entreprise, afin de terminer son travail. La petite cerise sur le gâteau, c’était un samedi … il est donc absent quasi toute la semaine. Je rencontre ce genre de père vraiment très souvent.

J’aime demander aux pères d’enfants plus âgés :

« Est ce que vous avez un conseil pour moi niveau éducation ? Y’a t’il quelque chose que vous regrettez d’avoir fait, ou de ne pas avoir fait ? ».

Dans 80% des cas, je n’obtiens pas de réponses car le fait d’être père et exercer sa paternité sont deux choses très différentes.

Nous (les non-japonais) avons un tas de stéréotypes sur les japonais, et parmi ceux ci, pour le sujet qui nous intéresse aujourd’hui, celui sur les enfants japonais, ces enfants disciplinés, qui écoutent les parents, qui … NON ! Je ne peux pas parler pour l’ensemble du Japon mais à Osaka, la « timidité » japonaise (notez les guillemets, pour les vétérans vivant sur place) apparaît telle une maladie, uniquement à la puberté, au collège, voir au lycée. J’ai assisté aux pires caprices/crises de larmes au Japon. Et si l’enfant lui est indiscipliné et pas encore timide, les parents eux, le sont, ce qui donne alors une scène hallucinante ou l’enfant pleure et ou le parent laisse faire.

Je ne vous l’apprend pas, le japon commence à manquer de jeunes, la population décroît et il n’est plus rare de croiser des gens célibataires, des couples sans enfants, ou des couples avec uniquement 1 enfant. J’ai croisé très peu de couples ayant 3 voir 2 enfants. Je ne dis pas que ça n’existe pas bien sur, il se font juste très rare.

Donc ! Le bon équilibre de l’éducation pour nous ?! Oui, et bien naturellement je le disais. Je suis quelqu’un d’assez impatient contrairement à ma femme, je suis donc celui qui peut réprimander.

Un exemple tout bête, ma fille veut un jus d’orange. Ma femme et moi ne voulons pas lui donner. Ma femme est du genre à laisser notre fille réclamer, sans rien dire, pendant une bonne grosse dizaine de minutes. C’est impossible pour moi, je ne vois que deux solutions, soit lui donner, soit lui expliquer pourquoi nous ne voulons pas le lui donner. La nuance est faible mais elle fait toute la différence. Du coup, (à lire avec la voix de Sylverter Stalone), la loi, c’est moi.

Le résultat après deux ans est que seul avec ma fille, il n’y a quasi pas de pleurs de toute la journée. Elle joue seule, discute avec moi, dessine, et si elle tente d’obtenir quelque chose de moi que je ne désire pas donner, elle abandonne assez rapidement, après mon premier haussement de voix.

Pour ma femme par contre, ma fille n’hésites pas à pleurer, sans réellement faire de caprices, puisqu’elle sait qu’elle ne risque pas grand chose avec ma femme.

Alors ne pensez pas que ma femme soit mauvaise hein, elle est simplement très patiente (et japonaise) et moi pas-du-tout.

1an

  • Les langues :

Il faut séparer la compréhension de l’expression je pense.

En termes de compréhension, on est sur un total 50/50. Ma fille semble comprendre le français autant qu’elle comprend le japonais. Comment je le sais ? Il suffit que je lui pose une question en anglais pour qu’elle bug et écarquille les yeux. Il n’y a que très peu de mots qu’elle ne comprenne pas du haut de ses 2 ans.

L’expression, son « parler » français est un peu en retard. Puisque nous passons nos matinées et week-ends ensemble, je tente au maximum de parler français avec ma fille. Vivant au japon, la TV étant en japonais, ma femme parlant japonais, bref, tout étant en japonais et moi étant la seule source de français, l’équilibre français/japonais ne joue pas en ma faveur. On se rapproche plutôt d’un ratio 60/40 voir 70/30.

Il n’est pas rare que, lorsque je lui pose une question, elle répond instinctivement en japonais, sans effort. Je l’arrête alors et lui répète toujours la même phrase :

« Désolé je n’ai pas compris, ça veut dire quoi  ? »

et la, elle se met à parler en français, ou tente de traduire ce qu’elle veut, par les gestes par exemple.

Nous sommes aujourd’hui passé devant une école maternelle japonaise pendant l’heure de la récré. Ma fille s’est arrêté à la grille et  petits enfants (japonais) se sont intéressés à elle. Un garçon et une fille, d’à peu près son age.

Ma fille et la petite écoliere ont alors entamé une conversation (basique, à propos des chiens et des feuilles par terre :/ ) en japonais, ce qui m’a énormément rassuré sur l’avancée de son langage. Ma fille rentrera à l’école à ses 3 ans, j’ai j’avais peur qu’elle ne puisse pas parler japonais. J’ai « paniqué » pour rien car pas un mot français n’est sortit de sa bouche.

On m’a posé la question :

pourquoi tu ne lui parles pas anglais h24 ?

Mais enfin ?! Pourquoi je ferais ça ? Je suis français, je parle français à ma fille ! J’ai toute une culture qui doit passer par le langage moi ! L’anglais elle l’apprendra à l’école comme tout le monde. Elle aura l’avantage de l’avoir souvent entendu à la maison et de pouvoir le pratiquer avec ses parents.

Elle apprendra l’anglais à l’école, comme tout le monde, avec l’avantage d’avoir des parents pouvant parler la langue. Le français, ça ne s’apprend pas à l’école ici.

Quand elle rentrera d’ailleurs à l’école l’année prochaine, ses progrès en français risquent d’être moins marqués. Elle passera ses journées à parler japonais, contrairement à ce que nous faisons ces jours ci. Je n’ai vraiment pas hâte.

Les japonais tentent d’ailleurs de parler anglais voir français à ma fille. Nous nous rendons souvent dans le konbini à côté de notre appart’ et un des membres s’est mis en tête de parler anglais à ma fille. Cet homme n’est pas méchant, il n’est pas forcément bête, mais fait une association que plus de la moitié des japonais font : ma fille ne ressemble pas 100% à une japonaise, donc elle est étrangère et les étrangers savent tous parler anglais … J’ai beau lui répéter à ce monsieur qu’elle ne capte pas un seul mot, il n’a pas l’air de comprendre (je pense finalement qu’il n’est pas très futé).

Concernant l’équilibre du langage, j’ai déjà fait un petit post ici.

2ans

  • Le regard des autres :

Les enfants, c’est mignons, et les enfants half sont les plus mignons. Alors ça ne vient pas de moi mais de tous les japonais qui m’ont parlé de ma fille. Le regard des autres est donc, pour le moment, extrêmement positif.

Je pense que tout ceci changera entre le primaire et le collège.

Certains camarades ne manqueront pas de lui faire remarquer qu’elle n’est pas complètement japonaise et ensuite que son père, lui, ne l’ai pas du tout !

J’espère juste qu’elle ne se fera pas mettre de côté (dans le meilleur des cas) à cause de « ça ». Je ne suis pas non plus trop inquiet car comme je l’ai dit plus haut, les halfs et les étrangers ont le vent en poupe. Je nuance quand même un peu mes propos, parlons franchement, un étranger-blanc est généralement mieux perçu qu’un autre étranger. Alors j’en vois crier au racisme, à l’infamie … oui, le japon est un pays raciste, je pourrais en parler des heures. Je parle ici de perception et de sentiment globale hein ! C’est un racisme différent de ce que nous connaissons en France mais un enfant japonais-français n’est pas du tout perçu de la même manière qu’un enfant japonais-chinois ou japonais-philippin. Je le sais car certains des élèves de ma femme sont halfs et il y a une énoooorme différence de traitement (pas par elle mais par les camarades, l’administration, les autres parents, la société …) entre les enfants japonais+blancs et japonais+asiatiques.

Regardez les infos parler du tourisme qui ne cesse de croître avec des images d’américains ou d’européens, qui dans la réalité ne représentent qu’un ridicule pourcentage des touristes visitant annuellement le Japon.

Je m’arrête la pour le sujet, j’en ferai sûrement un petit post plus tard.

  • Le coût !

Alors oui, le coût, c’est dur, mais c’est la triste réalité ! Pourquoi n’ai je pas 8 gamins ? Ben oui, parce que ça coûte ! (et aussi parce que je pense que ma femme ne serait pas d’accord)

A cette envie donc, de créer une équipe de foot familiale, se heurte l’horrible réalité matérielle de l’argent.

Me voilà donc avec une fille de deux ans, et la question qui se pose à nouveau, est ce que j’en veux un autre, ou plutôt, est ce qu’au Japon, je peux me permettre d’en avoir un autre ?

Hé bien figurez-vous qu’avoir un enfant au Japon ne coûte pas autant que ça, du moins avant 3 ans.

Les postes de dépenses sont assez limités :

  • La nourriture :

Ma femme a allaité et bébé a ensuite mangé les mêmes aliments que nous. Si il y en a pour 2, il y en a pour 2.5

  • Les vêtements :

C’est peut être ce qui coûte le plus,surtout avec les couches.J’ai la chance d’avoir des beaux parents très présents et ils achètent vraiment très souvent les couches. Si vous vous lancez dans les fringues kawaii (spécialité japonaise) bonne chance car les prix peuvent grimper super vite. Ma fille ne s’habille pas en sac poubelle hein, mais on a évité au maximum les chaussettes hello-kitty à 20 euros pour se concentrer sur les jouets, livres et autres. J’espère ne pas l’avoir traumatisé en lui faisant porter de simples chaussettes rose ! (mauvais père). Je lui achèterai un iPhone 9 à ses 10 ans (nan, jamais en fait).

  • La santé :

Il existe une sorte de couverture maladie pour ma fille, qui nous permet, en cas de maladie (genre la grippe), de n’avoir que 500 yen à payer. Cette couverture marche pour deux visites chez le médecin par mois. Si nous devons y aller une 3eme fois, nous paierons cette fois ci plein pot. Ce genre de petite couverture maladie change d’une ville à l’autre, et même entre les différentes régions d’une même ville. C’est peut-être un point à examiner avant d’emménager/déménager.

Osaka / Minoo : 500 yen/visites – 3 visites max/mois

Tokyo / Meguro : pas de frais maladie à payer jusqu’à 15 ans

Kobe / Sanda : pas de frais maladie à payer jusqu’à 16 ans

Plusieurs personnes me l’ont demandé, je ferais une petite liste des vaccins.

  • Les jouets :

Ça dépend de ce que vous allez acheter bien sur. Le montant peut grimper très vite, surtout si vous désirez par exemple acheter des livres français directement au Japon. Les « Monsieur-Madame », 5 euros en France, sont revendus le triple ici. Les sites de vente en ligne sont vos amis.

Voila ! C’était brouillon mais c’est ce que je vis (ce que nous vivons) quotidiennement. Si il y a un point qui vous intéresse et que je n’ai pas abordé, n’hésitez pas à laisser un commentaire.